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Le 22/05/2010 @ 18:28


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Logement - La mort d’un projet


Pour les SDF, l’urgence ou le long terme ?
La mort d’un projet


Ce 1° février, le Collège de la Ville de Bruxelles a pris la décision de retirer de l’ASBL Diogènes deux personnes engagées par la Ville en contrat ACS afin de les mettre à la disposition du CASU, par l’intermédiaire du CPAS de Bruxelles.

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Accompagnement dans des logements

Nous comprenons que le CPAS de Bruxelles essaie de regrouper toutes les forces vives afin d’aider les personnes en difficulté. Mais nous sommes particulièrement scandalisés par la brutalité de la décision alors que ces personnes travaillaient à un formidable projet : le suivi des personnes sans domicile qui venaient de trouver un logement privé.

L’asbl Diogène avait été citée en exemple par le professeur Reat de l’ULB lors de la grande enquête concernant le sansabrisme à Bruxelles il y a quelques années. Cette association avait même vu ses effectifs augmentés afin d’être plus performant encore dans son travail d’accompagnement des gens à la rue. A la fin 2004, l’association avait bénéficié de l’aide de deux travailleurs sociaux engagés comme ACS dans le cadre des Contrats de quartier. C’est la Ville ensuite qui avait pris le relais.

Ces personnes travaillaient dans le cadre d’un projet de suivi de logement pour SDF qui avaient décidé de quitter la rue. Tout le monde sait, qu’il est très difficile pour des personnes déstructurées par la vie à la rue de garder un logement. Un suivi régulier, tant psychologique que social, tant de gestion de l’argent que du voisinage est absolument nécessaire au moins dans un premier temps, afin que ces personnes redeviennent autonomes.


Retour en arrière

Ce qui nous scandalise le plus, dans cette décision, c’est que ce projet s’arrête le 15 mars. Un bon mois pour mettre fin à un tel projet nous paraît inhumain. En effet, cette fin concerne non seulement les 33 personnes suivies actuellement, mais également, près de 70 autres en attente et 37 accompagnées dans le projet d’habitat solidaire. Du jour au lendemain, ces personnes, dont beaucoup ont déjà vécu des drames d’abandon, se verront de nouveau abandonnées par des accompagnateurs en qui ils avaient mis toute leur confiance.

Et ce qui nous choque également, c’est que ces travailleurs sociaux seront affectés, par décision du CPAS, au renforcement de l’équipe du CASU. Pour rappel, cette association a comme but premier d’accorder un lit d’urgence uniquement pour la nuit, sans promesse de pouvoir y loger le lendemain, et sans aucun suivi.

Ceci signifie, qu’en contradiction avec les études faites et avec l’expérience de terrain, cette mesure privilégie de nouveau le travail en urgence au détriment du travail à long terme qui est de loin plus rentable.

L’ouverture fort médiatisée de près de 150 lits d’urgence dans l’ancienne caserne de gendarmerie près du métro Madou en décembre 2006, sera suivie probablement le 24 de ce mois, de leur fermeture, puisque l’hiver est terminé. De plus, le CASU situé près de la porte d’Anderlecht, ainsi que l’abri de nuit de la rue Terre Neuve réduiront également le nombre des lits d’urgence.

Ce qui veut dire qu’avant la fin du mois, près de 200 personnes qui avaient trouvé un lit d’urgence se retrouveront de nouveau abandonnées à la rue ou dans des taudis. En effet, de par sa mission, le CASU n’a pas la possibilité de faire un travail d’accompagnement à la rue, ni d’aider les gens à trouver n logement et surtout pas de les accompagner dans un logement privé ou dans un habitat groupé.

De nombreuses associations bruxelloises et nationales qui travaillent aux côtés des gens de la rue ne comprennent pas comment la Ville a pu prendre pareille décision qui, à l’instar de la France, continue de privilégier le travail fort médiatique de la maraude et des abris de nuit, au détriment du travail lent et anonyme d’accompagnement dans la réinsertion.

Notre seul et unique espoir, c’est que le CASU profite de l’expérience des travailleurs sociaux retirés de Diogènes pour créer à son tour une véritable cellule d’accompagnement qui dépende de la Ville, dont les effectifs soient doublés, et qui travailleraient en synergie avec les autres associations de terrain. Cette dernière proposition serait une première à Bruxelles, et tout au bénéfice des personnes concernées.


Pour le Front Commun SDF
Jean Peeters, secrétaire

Source

Article du Soir du 13 avril


Date de création : 14/03/2007 @ 18:49
Dernière modification : 20/09/2007 @ 17:02
Catégorie :
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