Une première à Bruxelles: un hommage solennel aux 22 personnes décédées au courant de l’année 2005 soit dans la rue, soit du fait d’avoir vécu longtemps à la rue.
Entre 250 et 300 personnes présentes dans la magnifique salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Bruxelles (Grand Place). Des délégations venues d’Antwerpen, Leuven, Charleroi, Gent et même de Paris. En effet, depuis plusieurs années, sous l’impulsion d’ATD Quart Monde, la Ville de Paris organise une telle cérémonie depuis plusieurs années, ainsi d’ailleurs que Montréal au Canada.
A Bruxelles, c’est depuis près de deux ans que le collectif Morts de la rue est né. Cette journée était un peu comme la consécration de tous les efforts. En effet, à chaque décès le service population de la Ville prévient le collectif qui fait tourner l’information, les tombes sont actuellement identifiées, la mise en bière légèrement améliorée, une présence assurée et la « mémoire » est gardée.
Le noms des 22 personnes décédées ont été égrainées lentement, interrompu par des témoignages émouvants et l’évocation de l’au-revoir à l’harmonica de William. Le petit mot de la délégation française a soulevé un tonnerre d’applaudissements: Nous sommes heureux que vous fassiez cet hommage au printemps, c’est bien le signe qu’à la rue, on ne meurt pas seulement en hiver.
Nous espérons que le message interpellera également les décideurs politiques, car si ces personnes sont mortes trop tôt (moyenne de 42 ans), c’est en partie parce que décisions politiques n’ont pas été prises, ou parce qu’elles ne sont pas appliquées.