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Bulletins du Front | 2008 - 06 Juin

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Bruxelles-Flandre-Wallonie
Gemeenschappelijk Daklozen Front
Juin 2008, n° 126




SOMMAIRE


Avec l’été, la chasse aux SDF est ouverte


Dans plusieurs villes de Belgique, des règlements de police de tous ordres fleurissent depuis quelques années. Cela va de l’interdiction de boire une canette de bière sur la voie publique (sauf lors des fêtes, des braderies ou manifestations d’étudiants évidemment), à l’interdiction de faire la manche dans certaines rues selon les jours de la semaine, en passant par l’interdiction de stationner dans une gare sans ticket de train, et à l’interdiction de se réfugier dans des abris de bus, et bien d’autres
On attend encore les appareils mosquitos anti mancheurs ou les Karcher spécifiques! Il semblerait même que la SNCB aurait été disposée à verser un forfait à des associations afin qu’elles fassent elle-même le travail de karchériserles gares!

La réponse d’une personne concernée a été: qu’ils le fassent, ils devront recommencer chaque mois, car les gars reviendront. En effet, qu’on le veuille où non, les gares, dans le monde entier, sont le premier refuge de bien des personnes en difficulté. La première des raisons, c’est la facilité d’accès, le sentiment de sécurité né de la présence de nombreux services, le passage de milliers de personnes, et la possibilité d’être aidés par de nombreux petits commerçants. Mais il y a aussi que dans bien des villes, c’est le premier lieu de refuge de gens qui brusquement se retrouvent à la rue et ne savent à qui s’adresser.

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Les structures d’accueil ne suffisent pas


  • L’action des tentes à Charleroi (janvier 2007: le long du canal; mai-octobre 2007 : le terril ; avril-mai : 2008 à côté de Palais de Justice) a clairement démontré que les structures d’accueil de Charleroi ne répondent que pour à peine la moitié des personnes sans domicile fixe.

  • A Bruxelles, ce sont les différents lieux occupés régulièrement par les personnes concernées qui le prouvent : métro Rogier et Debroukère, Place Ste Catherine, Gare du Nord, parkings souterrains, Zaventem, 123 et 91 rue Royale + différents chantiers et squats privés. Combien sont-ils : 100, 200, 300 ??

  • Anvers, avec son seul abri de nuit, ils sont probablement également une centaine à errer d’un abri provisoire à un autre. Groen Plaats est un lieu de refuge traditionnel. Mais dès l’ouverture de l’ex-Couvent des Dominicains, des dizaines de demandes ont été enregistrées. En Flandres en général, il n’y a pas d’abri de nuit, mais les villes utilisent beaucoup le système de lits disponibles dans des structures différentes comme hôpitaux, CPAS, pompiers, mais c’est vraiment à la carte. 
Pourquoi sont-ils là ?
  • loyers sont trop chers
  • maison d’accueil : impossible de trouver place à cause de la personnalité (trop longtemps à la rue, utilisateurs de produits, difficulté de s’adapter…)
  • animal de compagnie ne peut souvent pas dormir avec leur maître.
  • Abri de nuit : certains ne veulent même plus les utiliser : trop souvent de réponse négatives et à 22h il faut commencer à chercher où loger. Et même ainsi, le matin, ils sont quand même à la rue avec leur barda.
  • au moins ici, on est certain de trouver notre logement chaque jour, sinon, c’est la galère : aujourd’hui j’ai une place, mais pas demain. C’est invivable.
Il est impossible d’avoir un projet de vie si chaque jour, c’est la galère pour trouver un lieu pour dormir. Le fait d’avoir un lieu sûr où poser son barda est un premier pas en vue d’une resocialisation, sinon, on est comme un chien errant dans la ville.

Conclusions

Il apparaît que si les structures officielles d’accueil sont adaptées à certaines demandes, elles ne le sont pas pour plus de 30 % de la population sans abri. La crise ne faisant qu’augmenter, le nombre de ces lieux et de ces personnes risque d’augmenter dans les années prochaines.

Il semble donc que si les structures officielles ou le parc immobilier ne peuvent s’agrandir, il vaut mieux tolérer ces nouveaux lieux de logement que de les réprimer. Pour cela, un encadrement ou un suivi est souvent bien nécessaire. Une piste est donc de renforcer ce travail de rue et de réfléchir à la conduite à tenir par rapport à ces lieux.
Charleroi, Bruxelles, Anvers sont des exemples de lieux autogérés qui ont fait leur preuve et qui n’attendent que les encouragements des autorités pour se multiplier.


Certaines lois toujours pas appliquées

  • Les banques sont hors-la-loi: refus d’obéir à la loi: refus de prendre en charge la garantie locative à la demande d’un CPAS. Conclusion : beaucoup de propriétaires refusent d’accepter quelqu’un du CPAS.
  • Les ADIL ou ADEL, c’est bien, mais il faut combien de temps pour l’avoir ?
  • L’affichage des prix de location est rarement respecté

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17 octobre : Journée mondiale de lutte contre la pauvreté
Manifestation nationale pour le pouvoir d’achat


Manger ou dormir ?

C’est le dilemme que beaucoup de familles commencent à se poser à cause du prix des loyers et des coûts de la vie qui ne font qu’augmenter. Les services sociaux sont débordés, les services de médiations de dette n’en peuvent plus.

Tout cela engendre des mécontentements, des colères, des coups de gueule qui malheureusement s’expriment trop souvent dans des lieux non appropriés. En effet, ce sont trop souvent les restos sociaux, les CPAS ou les associations qui sont les lieux d’expression de cette colère, alors que les vrais lieux de contestation, les pouvoirs politiques et économiques restent inaccessibles.

Pourtant, une possibilité reste ouverte : la journée mondiale de lutte contre la pauvreté, le 17 octobre.

Toute la journée, une mani/fête se déroulera à la Place Ste Catherine de 10h à 16h. Mais à 12h, une action est prévue pour manifester plus clairement notre colère. Plusieurs groupes viendront de Flandre et de Wallonie et se joindront au groupe probablement à la Bourse à 12h.


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Ministère de la Crise du logement

Réunion très intéressante cette fois à Anvers, à l’ex couvent des Dominicains, derrière le Zoo. C’était l’occasion de se rendre compte de l’avancement des travaux sur place, visualiser les différents projets qui débiteront d’ici peu, et d’échanger des idées.

Les gars de Charleroi étaient également présents (les trois mousquetaires). Ils ont expliqué les différentes actions de tentes à Charleroi (canal, hôtel de ville, terril, Palais de Justice…). Mais on a surtout été les témoins de leur évolution. Aujourd’hui, un petit groupe se dit prêt à tenter l’aventure d’un projet commun.

Semaine mondiale pour le logement : décision a été prise de faire du bruit non seulement lors de la journée mondiale du logement, mais pendant trois semaines : deux ou trois actions dans des villes différentes.

Point culminant: 17 octobre journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Le matin, probablement une action caddies impayables (arriver à la caisse et se déclarer incapable de payer). Ensuite, rejoindre l’action à la Place Ste Catherine à Bxl.
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Bij Ons en vacances à Hotton

BIJ ONS Bruxelles EN VACANCES
Un bol d’air frais: 5 jours à Hotton

Logés et nourris sous tente, belle région, excursions, nature, sites intéressants pour 2€/jour = 10 € en tout. Possible pour une trentaine de personnes.

Inscription au local tous les jours, mais les places sont limitées.


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Jereon : t’Evenwicht/Equili-bre

Jeroen à Bruxelles

Pour une société équilibrée, où tous les aspects sont respectés, où on tient compte de tout le monde, surtout des plus faibles : économie/art, jeunes/vieux, belges/étrangers, riches/pauvres, français/flamands….


Il a connu la galère de la rue, l’action militante du Château de la Solitude, des logements trop chers, mais aujourd’hui, il est fier de nous faire visiter Sa Nouvelle Demeure. Au beau milieu d’un quartier très populaire de Bruxelles (rue de Flandre), cette maison était très délabrée, et elle appartient au CPAS.

Moi, je ne voulais pas d’un squat immonde. Alors, avant d’entrer, j’ai prévenu les autorités : police, CPAS, ministres, que je voulais non seulement l’occuper, mais également rénover l’intérieur. Mais surtout que j’avais l’envie d’en faire un lieu à la fois culturel et social : expositions, mais aussi avec une ouverture sur le quartier. Il y aurait un repas gratuit chaque dimanche, préparé par les habitants de la maison, mais aussi des possibilité de faire régulièrement des expositions pour des artistes qui n’ont pas la possibilité de louer des salles pour exposer leurs œuvres.

Et de fait, en visitant ce lieu, on se rend compte du travail énorme qui a été accompli en trois mois. Que ce soit au niveau des murs entièrement décapés, des ouvertures pour la lumière, la remise en conformité de l’électricité et  du ramonage des cheminées fait cette fois par un professionnel : tu comprends, j’ai pas envie que si par malheur il y avait le feu, le CPAS qui est toujours propriétaire me tombe dessus en disant que je suis responsable !

Et pour bien prouver qu’il mène le projet social et le projet culturel en même temps, la grande fenêtre qui donne sur la rue est meublée de nombreux objets anciens et d’une collection de photos du vieux quartier de Sainte Catherine : croquis du vieux port, marché aux poissons, marché au charbon etc… Nombreux sont d’ailleurs les passants qui s’arrêtent pour contempler le passé du quartier.

Je veux que ce soit un lieu à la fois culturel et social. Les amis qui logeront ici seront des gens en difficulté de logement, mais ce ne sera pas n’importe qui. Nous nous mettrons d’accord sur une chartre acceptée par tous afin de se partager les tâches d’entretien de la maison, de la cuisine,  de l’accueil des visiteurs ; mais il faut aussi que ce soit des gens qui travaillent, ce n’est pas un lieu où on peut rester assis à ne rien faire qu’à regarder la TV, il faut également du boulot.

Et effectivement, le projet se réalise petit à petit. Les autorités sont déjà fait le tour des lieux et se montrent très optimistes pour qu’un accord d’occupation précaire puisse être signé. Un accord précaire qui pourrait d’ailleurs être prolongé longtemps, puisque le propriétaire se rend compte de tout l’investissement en travaux déjà réalisé.

Bon vents à Jeroen, et à t’Evenwicht/l’Equilibre.

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Prochaine réunion

le 1° jeudi du mois prochain: 3 juillet à 10h au 123 rue Royale (Métro Botanique ou Parc)



Date de création : 18/06/2008 @ 15:28
Dernière modification : 06/07/2008 @ 15:34
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