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Une muselière pour les chômeurs - par jean le 03/06/2012 @ 12:15

 

On se souvient d'une intervention de Monica De Conninck, nouvelle ministre de l'emploi concernant sa politique. Elle avait notamment déclaré que "ces gens là", il faut les prendre par le collet pour les envoyer travailler !!! Lors d'une  apparition à Namur, elle a été interpelée par plusieurs groupes de militants.

Ci-dessous, le compte rendu dans la Libre :
 Une muselière pour la ministre  par Paul Piret 
Mis en ligne le 20/04/2012 
 
 
Mais Monica De Coninck n’est pas restée muette… Et le débat reste inépuisable ! 
 
Voilà dix ans que la loi sur le droit à l’intégration sociale (26 mai 2002) a introduit le principe général de l’activation socioprofessionnelle à la fois comme condition et comme objectif de l’aide apportée par les CPAS. Pour l’occasion, le CPAS de Namur, en "journées portes ouvertes", a organisé un colloque sur ce sujet toujours ouvert à tous vents, toutes interprétations, tous antagonismes. La venue en clôture de la ministre fédérale de l’Emploi, Monica De Coninck (SP.A), n’en a pas démenti la portée polémique. Au contraire. On le pressentait d’ailleurs puisqu’une partie des auditeurs, versés radicalement dans la défense des précarisés, l’avait déjà identifiée en cours d’après-midi comme une "adepte du coup de bâton" 

Donc, jeudi soir, la ministre s’exprime à Namur. "D’une approche paternaliste, nous sommes passés à une logique émancipatrice", avance celle qui présida le CPAS d’Anvers. Oh, la politique d’activation "ne fut pas facile" ; mais si l’ex-présidente a "combattu les résistances", ce n’est pas pour des raisons budgétaires, c’est pour garantir une cohésion sociale "à long terme et durable". Pourtant, "chaque sanction, a priori chaque exclusion, je la considère comme un échec de nos politiques. Mon objectif n’est pas de diminuer facialement les chiffres du chômage et transférer les exclus vers les CPAS, mais de mettre ces gens au travail ou dans des trajets d’insertion. Car la mission principale des CPAS, c’est la reconnexion à la société, la plupart du temps par le travail, de citoyens qui rencontrent des difficultés pointues". Là-dessus, la ministre propose "un véritable partenariat, une nouvelle dynamique de relations, entre les CPAS, l’Onem et les organismes régionaux", de manière à assurer un accompagnement "de haute couture" aux demandeurs d’emploi.

Le fond de la salle réagit. On reproche à la ministre d’être autrement plus douce que lors de sa première et mémorable sortie médiatique - c’était dans "La Libre", le 24 janvier dernier - "plus abrupte" et déclinée dans des termes "choquants" à l’encontre des "inadaptés sociaux". C’est simple, un Denis Desbonnet, militant à Das (Défense allocataires sociaux) vient lui offrir une muselière, pour la voir et l’entendre "moins mordre et moins aboyer".
La ministre ne se démonte pas. Improvise. Rappelle ses débuts au CPAS d’Anvers, quand on se contentait de "donner de l’argent". Les efforts entrepris pour "stimuler les gens à se découvrir". Et puis, "l’autre atmosphère politique" en Flandre et pourtant, sa volonté de "sauver le système de sécurité sociale belge basé sur le travail et la solidarité". Mais, riposte la salle, les dérégulations ? "Je veux être aussi honnête que possible. On va essayer de changer les choses." 

Donc, 10 ans de politiques d’activation. Agnès Urbain, du service de synergie/emploi au CPAS de Namur, n’aime pas l’appellation d’activation, y voyant "un marionnettiste qui agite un pantin". Reste que les exigences pour réussir une insertion sont légion : elle décline des conditions de vie et de santé décentes, de la motivation, un minimum de "compétences sociales" (aspect, ponctualité ), des compétences techniques et professionnelles, un travail valorisant et un bon tutorat ; et encore, préparer l’après-contrat de travail en "article 60" (en interne au CPAS ou dans d’autres services et institutions).

Autant de difficultés, de freins potentiels Du coup, Christine Mahy, la présidente du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, se demande si elle n’est pas tombée "dans l’antre d’un ennemi". Non que tout se passerait mal en termes d’insertion. Mais que l’on cesse de parler de "personnes éloignées de l’emploi" : "Inversons ! Au fil des années, c’est l’emploi qui s’est éloigné des gens : en nombre, en qualité, en choix en rémunérations. [ ] I l y a une violence sociétale gigantesque à l’égard du peuple d’en bas." 

Le sociologue Abraham Franssen résume alors l’ambivalence de l’activation. Côté critiques, des risques : de culpabilisation, de nouvelles logiques de segmentations, de fragilisation des plus démunis, de dérives d’une gestion managériale qui standardise les attentes et prive les opérateurs comme les usagers de marges de manœuvre Côté "points d’appui", une activation positive si elle régule les transitions de l’Etat-providence ("sans nostalgie d’âge d’or"), agit sur les relations, opère à court terme et offre des visées à long terme 

Bref, la vérité se situerait quelque part entre la machine à exclure et l’insertion à toute vapeur. Tandis que les questions s’accumulent. Sur la montée de la pauvreté; sur la durabilité de l’insertion après les dispositifs transitoires ; sur la qualité de certains boulots "articles 60 et 61"; sur l’avenir des plus "éloignés" du travail; sur le sort des exclus du chômage qui ne frappent pas aux CPAS ; sur le phénomène croissant de travailleurs pauvres bénéficiant de revenu d’intégration partiel (problèmes fiscaux à la clé); etc.

Muselière ou pas, on n’a pas fini de devoir en parler.
 



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